L’école Michaël – Partie 1

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English follows.

Ça fait plusieurs années qu’on rêve de partir à l’étranger pour quelques mois en sabbatique. On s’imaginait bien une aventure en famille: vivre dans une ville étrangère, voyager, faire découvrir le monde aux enfants et les exposer à d’autres cultures… C’était important pour nous que les enfants soient à un âge où ils pourraient s’en souvenir et en profiter. On a aussi toujours aimé l’idée que les enfants puissent s’intégrer dans un milieu scolaire durant la sabbatique. La sabbatique, c’était avant tout une ouverture sur le monde, et l’école était une occasion unique pour eux d’apprendre et de découvrir.

Tel que mentionné dans notre premier blogue, notre choix de Strasbourg pour la sabbatique repose en grande partie sur le choix de l’école, l’école Michaël. À Ottawa, nos enfants ont la chance de fréquenter une école Steiner Waldorf. Il s’agit de notre école de quartier (publique en plus, on a de la chance!). Cette pédagogie alternative cherche à respecter le rythme et le développement de l’enfant et donne beaucoup de place à la musique, à l’art et à la créativité. En général, les enfants aiment beaucoup l’école et on se voyait difficilement changer leur parcours pédagogique en les inscrivant dans une école « régulière » à l’étranger. Alors, on s’est mis à chercher une école Steiner Waldorf dans un pays de la francophonie mondiale.

Puisque la pédagogie Waldorf favorise un contact avec la nature, plusieurs des écoles Waldorf se retrouvaient dans des zones plus rurales, ce qui ne nous convenait pas vraiment. Ce qui est unique avec l’école Michaël à Strasbourg, c’est son emplacement tout près du centre-ville. Ainsi, nous pourrions utiliser le vélo ou les transports en commun pour nous rendre à l’école, vivre dans un centre urbain et voyager facilement ailleurs en Europe.

L’école Michaël à Strasbourg est la première école de pédagogie Steiner-Waldorf en France. Elle fête ses 80 ans cette année. C’est une petite école qui accueille environ 200 élèves de la 1re à la 9e année, soit une classe par niveau. Les enseignants accompagnent leur classe de la 1re à la 8e année.

Lorsqu’on a choisi Strasbourg et l’école Michaël, nous avons immédiatement été accueillis à bras ouverts. Au printemps dernier, les enseignantes des classes de 3e et de 5e année, où se retrouvent les enfants, leur ont préparé de petits messages personnalisés pour les accueillir. D’une part, notre plus jeune a reçu une petite lettre rédigée par chacun des élèves de sa classe. Notre grand, de son côté, a reçu des photos de ses futurs camarades de classe et une carte signée par tous les élèves. Ce beau geste a beaucoup facilité la transition des enfants.

Alors, nous voici, à plus d’un mois de la rentrée. Tous les matins, chaque enfant est accueilli à la clôture de l’école par un des pédagogues. À tour de rôle, l’enseignant serre la main de l’enfant et l’appelle par son nom. Le même rituel est répété lorsque l’enfant entre dans sa classe, puis à la fin de la journée. C’est un petit geste, mais c’est très beau et sincère.

L’école dépend beaucoup de l’implication des parents pour son bon fonctionnement. Outre les frais de scolarité, qui sont ajustés selon les revenus familiaux, chaque famille doit, à tour de rôle, faire le ménage de la classe de son enfant une ou deux fois pendant l’année, durant la fin de semaine. Il y a aussi des fins de semaine de travaux, où les parents peinturent l’école, y font de la maintenance et construisent des structures pour la cour d’école. Il y a également des commissions touchant différentes sphères d’activités : commission des travaux, commission de la cantine, etc… L’implication parentale fait partie de l’engagement.

Déjà, nous avons eu la chance d’accompagner la classe lors de deux belles sorties : une randonnée pédestre et une randonnée à vélo.

On a aussi pu offrir notre temps à la cantine quand celle-ci était à court de personnel (le mot s’est vite passé que les Canadiens ne travaillent pas cette année, et on nous a sollicités!). Et oui, tous les jours, les enfants prennent leur dîner (le ‘déjeuner’, ici) à la cantine. C’est la norme en France. La chef de l’école et son équipe préparent des plats pour toute l’école en utilisant, lorsque c’est possible, les légumes du jardin de l’école.

On doit avouer que la pause de préparation de lunchs est l’un des plus beaux cadeaux qu’on se soit offerts avec la sabbatique (on n’exagère presque pas!!!).

L’école est un super beau point d’ancrage pour nous et nous permet de tisser des liens. Tout comme les enfants, nous développons tout doucement des amitiés. Ainsi, nos semaines sont bien remplies de belles rencontres et de beaux moments avec la communauté scolaire, tandis que nos fins de semaine sont remplies d’aventures et de découvertes (… à suivre).


For several years now, we’ve been thinking of going abroad for a few months on sabbatical. We pictured a family adventure: living in a foreign city, traveling, showing the kids the world and exposing them to other cultures… It was important to us that the children be at an age where they could remember it and enjoy it. We’ve also always liked the idea of the kids being able to fit into a school environment during the sabbatical. The sabbatical was, above all, to be an opening to the world, and school was a unique opportunity for them to learn and discover.

As mentioned in our first blog post, our choice of Strasbourg for the sabbatical rested largely on our choice of school, the Michaël School. In Ottawa, our children are lucky to attend a Steiner Waldorf school. It’s our neighbourhood school (and a public one, too, so we’re fortunate!). This alternative pedagogy seeks to respect the child’s pace and development, and gives a great deal of room to music, art and creativity. In general, the kids love school, and we wanted them to continue down the same path as their school back home. So we set out to find a Steiner Waldorf school in a French-speaking country.

Because Waldorf schools encourage contact with nature, many Waldorf schools were located in more rural areas, which didn’t really suit our vision for the year. What makes the Michaël School in Strasbourg unique is its location, very close to the city center. That way, we could take our bikes or public transit to school, live in an urban centre, and easily travel elsewhere in Europe.

The Michaël School in Strasbourg is the first Steiner-Waldorf school in France. It’s celebrating its 80th anniversary this year. It’s a small school of about 200 students from Grade 1 to Grade 9, with one class per grade. Teachers stay with their class from Grade 1 through Grade 8.

When we chose Strasbourg and the Michaël School, we were immediately welcomed with open arms. Last spring, the teachers of the Grade 3 and Grade 5 classes, where our children ended up, prepared personalised little messages to welcome them. Our youngest received a short letter written by each of the students in her class. Our oldest received photos of future classmates and a card signed by all the students. This lovely gesture made the children’s transition much easier.

So here we are, more than a month into the school year. Every morning, each child is greeted at the school gate by one of the teachers. The teacher shakes the child’s hand and welcomes them by name. The same ritual is repeated when the child enters the classroom and again at the end of the day to send them off. It’s a small gesture, but it’s very sweet.

The school relies heavily on parent involvement to run smoothly. Aside from tuition fees, which are adjusted according to family income, each family takes turns cleaning their child’s classroom on a weekend once or twice during the year. There are also parents’ work weekends, when parents paint the school, perform small maintenance tasks and build structures for the schoolyard. There are also various school committees based on parental involvement which is part of the commitment when you enrol your kids at this school.

Already, we have had the chance to join the class on two wonderful school trips: a hike and a bike ride.

We were also able to volunteer our time in the cafeteria when it was short-staffed (word got around quickly that the Canadians aren’t working this year, and we were recruited!). And yes, every day the children eat their lunch at the cafeteria. It’s the norm in France. The school’s head cook and her team prepare meals for the whole school, using vegetables from the school garden whenever possible.

We have to admit that a break from packing lunches is one of the best gifts we’ve given ourselves with this sabbatical (we’re not kidding!).

The school is a wonderful anchor for us and helps us build connections. Just like the kids, we’re slowly making new connections. So our weeks are full of lovely encounters and beautiful moments with the school community, while our weekends are filled with adventures and discoveries (… to be continued).